Les Religions

Le Point de vue du  don d'organes, Religion par Religion.


Contrairement aux idées reçues, aucune religion ne s’oppose véritablement au don d’organes. Bien sûr, un point crucial interpelle toutes les religions : quel est le moment précis de la mort ?
La mort estelle ,un événement momentané ou est-elle un processus déterminé par des critères biologiques ?
La prolongation de la vie est-elle uniquement entre les mains de l’homme ? Les religions ne sont pas à mène de donner une explication scientifique de quelque chose qu’elles considèrent comme sacré. C’est pour cette raison qu’elles préfèrent rester discrètes au sujet de la définition de la mort.
Cela ne les empêche pas pour la majorité de se prononcer en faveur du
don d’organes.
Parce que les lignes de conduite qui sont à la base même de l’éthique se rapportent aux dons d’organes (le respect de la volonté du donneur potentiel, la garantie du caractère irréversible de la
port, le respect du corps du donneur) satisfont leurs exigences morales et parce qu’elles considèrent que le don d’organes est un acte de solidarité et de combat pour la vie.

De nos jours, elle reconnaît à la science médicale le droit de définir les critères de la mort ; alors que certains textes fondateurs définissaient la mort comme l’arrêt du souffle ; elle admet désormais les critères de la mort cérébrale. Par conséquent, rien ne s’oppose plus à un prélèvement d’organes. Celui-ci est même encouragé. En 1978, Jean Paul Ier, lors du Congrès International de la Transplantation, à Rome, parlait du don d’organes comme l’un des actes les plus nobles de solidarité humaine.
Quelques années plus tard, Jean Paul II confirmera à maintes reprises son acceptation au prélèvement d’organes.

Il existe différentes branches du protestantisme, mais la plupart d’entre elles acceptent les critères de la mort cérébrale et le don d’organes et de tissus et surtout l’encouragent. C’est le cas de

de l’Eglise chrétienne des disciples du Christ, de l’église presbytérienne, de l’Eglise luthérienne et l’Eglise épiscopale,

Les pays protestants ont été les premiers à pratiquer des prélèvements d’organes en grand nombre. Toujours attentives aux évolutions de la société, les Eglises de la famille protestante considèrent le progrès médical comme une bienfaisante intervention du Seigneur dans un monde plutôt occupé à sa propre destruction.

Dans la tradition du Judaïsme, le problème se révèle plus délicat. Le point essentiel des divergences entre l’éthique du don d’organes et la morale juive concerne les critères de la mort. Ceux du judaïsme sont les suivants :
- abolition de la fonction nerveuse,
- arrêt cardiaque et respiratoire définitif.
L’opposition de la jurisprudence juive est liée au fait que le prélèvement d’organes est réalisé à partir d’un donneur ‘comateux’ dont le coeur bat encore (mais il bat artificiellement grâce à la médication !).
Mais intervient une nouvelle notion : l’aspect irréversible de l’état de mort encéphalique, ce qui peut permettre, pour sauver une vie,d’effectuer le prélèvement et la transplantation.
De son côté, le professeur  Gérald Steinberg, grand Rabbin de Jérusalem, penseur juif en science de la Torah et sommité en éthique médicale, encourage hardiment les pratiques du don d’organes : pour lui, sauver une vie humaine est un impératif suprême du point de vue éthique et religieux :Le salut d’une vie humaine repousse les interdits de la Torah’. Ensuite, pour le judaïsme, le respect au cadavre est un principe primordial auquel sont attachés deux interdits et une obligation :

Mais le docteur Jérôme Taimud nuance :
ces impératifs de respecter le cadavre peuvent être profanés, pourvu qu’une vie soit en danger de mort, ce qui est le cas dans le domaine des greffes d’organes

Religion Musulmane


Avant d’aborder n’importe quel sujet en religion musulmane, il est primordial de savoir qu’il existe quatre source du droit musulman : le Coran (source principale),
la Sounna (tradition prophétique, 2ème source) Le consensus : c’est-à -dire l’unanimité des jurisconsultes et l’analogie. Il est à signaler que le Coran et la Sounna ne font ni approuver, ni condamner la greffe d’organes.
Comme d’ordinaire, quand il s’agit de questions traitées de manière spécifique dans les deux sources principales et originales de l’islam, des points de vues divergents sur la question du don d’organes ont été adoptés par les jurisconsultes musulmans contemporains.

Pour les opposants, la greffe d’organes n’est pas permise sur base des principes suivants :
la sacralisation de la vie et du corps (le Coran commande à l’homme de protéger et de réserver sa propre vie et celle d’autrui – Le Coran 4/2* - 2/195 -, il lui inculque également la gravité du pêché commis lorsqu’il y a atteinte à la vie d’autrui – Le Coran 5/32) ; le corps humain est un dépôt de Dieu (ses organes ne lui appartiennent pas ; ils lui furent en réalité confiés en dépôt) ;
le recours à la greffe équivaudrait à asservir le corps humains à des fins matérielles ;
le renoncement à ce qui douteux (jusqu’à présent, aucun savant jurisconsulte musulman ne s’est prononcé en faveur du don d’organes sans émettre des réserves. Il est vrai que l’islam interdit tout acte d’agression contre le corps humain, vivant ou mort. Le fait de prélever un organe sur un cadavre, on procède à une mutilation de ce corps et à la violation de sa sacralité. Toutefois, la jurisprudence musulmane prend en considération les intérêts de l’homme :
la nécessité rend licite ce qui ne l’est pas ; devant deux intérêts contradictoires, on choisit celui qui est plus bénéfique ;
à choisir entre deux maux, on opte pour le moindre mal. Les savants musulmans favorables à la greffe d’organes soutiennent qu’elle peut être considérée comme un service altruiste puisqu’il s’agit d’un geste louable susceptible d’améliorer la qualité de vie de la personne greffée. Toutefois, les savants jurisconsultes musulmans émettent des réservent au sujet de la greffe d’organes et la soumettent aux conditions suivantes :
la vie du donneur doit à aucun moment être mise en danger ;
le donneur doit être bénévole et n’avoir fait l’objet d’aucune contrainte ;
la greffe doit être le seul moyen médical possible pour soulager l’état du patient ;
les probabilités de succès de la greffe doivent être élevées ;
le consentement du donneur d’organes ou de ses héritiers est obligatoire ;
le receveur d’organes doit être informé de l’opération et ses implications ;
la greffe en question doit avoir été pratiquée avec succès par le passé.
Les savants musulmans s’accordent tous à dire que la vente d’organes humains est interdite.
Il est à noter qu’un organe vital comme le coeur, par exemple, ne peut faire l’objet d’un d’on d’une personne vivante pour le transplanter sur une autre. D’autres cas de figure n’ont pas été mentionnés ou pouvant se présenter sont encore à l’étude et nécessitent des recherches supplémentaires aussi bien à la lumière des données d’ordre médical que des principes juridiques.

Conclusion : Quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes.

(Sourate 5 Verset 32)