Attert: Jonathan décédait d'un coup de poing fatal il y a trois ans, ses parents ont opté pour le don d'organes

P.L.

Serge Gonissen a perdu son fils, Jonathan, il y a trois ans après qu’il ait reçu un coup de poing au bal de Lottert (Attert). A l’époque, Serge et sa femme ont décidé de faire don des organes de leur enfant. Une décision difficile mais logique pour ce papa. Il témoigne.

 

Jonathan Gonissen avait reçu un coup de poing mortel au bal de Lottert le 5 septembre 2010.

D.R.

Jonathan Gonissen avait reçu un coup de poing mortel au bal de Lottert le 5 septembre 2010.

«  Quand les médecins nous ont posé la question du don d’organes, nous avons répondu « oui » sans hésitation, se rappelle Serge Gonissen. Nous avions eu un peu le temps de nous préparer à cette question.  »

Serge et son épouse ont perdu leur fils, Jonathan, le 5 septembre 2010 lors du bal de la fête de Lottert (Attert). Jonathan, 19 ans à l’époque, avait reçu un coup de poing, fatal (voir par ailleurs). Après avoir été maintenu en coma artificiel, Jonathan finira par s’en aller.

Un départ qui ne l’est pas complètement pour son papa. «  Justement, le fait de donner ses organes, c’est une façon de se dire que Jonathan n’est pas complètement parti ou qu’il n’est pas parti pour rien. Il reste encore quelque chose de lui ici dans ce monde  », avoue, ému, le Freylangeois.

Ce don a aussi sauvé des personnes dans l’attente d’un cœur, d’un rein, etc. «  Oui, Jonathan a sauvé des vies. Mais ce n’est pas la première chose à laquelle nous avons pensé avec mon épouse lorsque nous avons pris cette décision.  » Une décision difficile. «  Nous n’avions jamais parlé du don d’organes dans notre famille. Nous ne savions même pas quel était le choix de Jonathan par rapport à cette question. Certaines personnes n’ont pas été d’accord avec notre décision mais nous n’avons jamais regretté notre choix.  » Une fois leur accord donné, tout va très vite. Jonathan est débranché et ses organes sont envoyés dans d’autres hôpitaux. «  On nous prévient que le cœur de Jonathan va partir en hélicoptère. Et on assiste à ce départ. C’est un moment très dur. Très fort.  » La famille de Jonathan reçoit alors une lettre du coordinateur national du don d’organes. «  Il nous donne le profil de la personne qui va recevoir l’organe de Jonathan. Mais nous n’avons pas l’identité de celle-ci. De toute façon ce serait trop difficile à gérer.  »

Depuis ce triste jour, Serge Gonissen témoigne de ce choix du don lors des conférences de la Ligue en faveur des Insuffisants Rénaux (LIR). «  La directrice de la ligue Christine Poncelet m’a demandé de venir témoigner dans un but d’information et de sensibilisation. Je le fais volontiers. Même si au début c’était vraiment très compliqué pour moi d’en parler. Maintenant j’ai plus l’habitude.  »

Serge témoignera à nouveau ce soir à la salle Ysaye d’Arlon à 20 heures. La conférence est organisée par la LIR et les jeunes MR d’Arlon. Entrée gratuite.

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Assassiné il y a un an place Saint-Lambert, il vit plusieurs vies

Laurent Kremer a été exécuté à vingt ans par le tueur de la place Saint-Lambert à Liège sans jamais avoir été condamné.

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Mais c'est lui maintenant qui sauve ceux que la maladie avait condamnés. Témoignage de ses généreux parents.

 

Claudine et Thierry Kremer ont réussi le plus beau des combats. Celui de perpétuer la mémoire de leur fils. Leur vie ne sera certes plus jamais pareille, mais en ayant fait don des organes de leur fils Laurent (20 ans) décédé des suites de ses blessures neuf jours après la fusillade, ses parents ont permis de sauver d’autres personnes.

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Dans l’habitation familiale de Crisnée, en province de Liège, des photos de Laurent au temps du bonheur sont disposées un peu partout. Comme ces images des dernières vacances, où Laurent, un jeune et beau gaillard, respirait la joie de vivre. Sa chambre, ses parents n’y ont pas touché.

«Faire don de ses organes, c’était une manière de perpétuer la bonté magnifique de Laurent. Pour que sa mort ait un sens, pour que sa générosité soit prolongée», nous dit son papa, dont la voix est étranglée par les sanglots. «Savoir qu’il vit dans d’autres personnes, ça nous aide. Pourtant, on ne peut pas savoir qui a reçu quoi. Cela reste anonyme.»

Via la coordinatrice du don d’organes, les parents de Laurent Kremer ont reçu deux lettres de donneurs qui les remercient pour leur geste. «La première, écrite en néerlandais et en anglais, nous remercie parce que la vie de cette personne a changé. Il y a un mois, nous avons reçu une seconde missive d’un homme de 50 ans qui avait reçu les poumons de Laurent et qui, grâce à notre fils, sait refaire son hobby, du motocross. C’est extraordinaire de savoir que cet homme a pu reprendre une activité physique. Cela fait chaud au cœur de constater que d’autres personnes ont pu être sauvées grâce à notre fils.»

Les parents de Laurent ont créé l’ASBL Chaîne de vies, dont l’objectif est d’informer et de sensibiliser au don d’organes. Un tel don permet, en effet, de donner 12 nouvelles vies. Ses parents ont même mis sur pied un outil didactique, sous forme de mannequin, pour expliquer le don d’organes aux plus jeunes. Une forme de puzzle qui reprend les organes susceptibles d’être transplantés.

Près d’un an après le drame, Claudine et Thierry Kremer se tournent vers l’avenir. Notamment pour leur autre fils, Maxime. « Il faut tirer des choses positives du drame. On voudrait que la Justice soit plus sévère au niveau des récidivistes. »